Les
différentes centrales du pays ont lancé un préavis de grève demandant
300% d’augmentation de salaire, une baisse du prix du carburant à la
pompe et posé d’autres revendications majeures. A défaut, elles
entament une grève générale illimitée à partir du lundi 5 janvier
jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications…
Si
la grève est un droit constitutionnel consacré, le timing pour exercer
ce droit fondamental peut parfois la rendre illégitime.
En
effet, est-il raisonnable qu’au moment où la Banque mondiale et le
Fonds monétaire international déclarent que notre pays est en récession
économique à cause des effets pervers d’une épidémie d’Ebola, que nos
syndicalistes fassent une requête aussi irréaliste ?
Quoi
de plus normal que de demander la diminution du prix du carburant à la
pompe lorsque le prix du baril du pétrole connait une baise
significative sur le marché international ? Mais, de là, à exiger une
augmentation de salaire de 300% à une économie sous perfusion n’est pas
un simple pas à franchir, mais l’Himalaya à escalader pour le
gouvernement guinéen.
Selon
nos informations, lors des négociations toujours en cours entre les
parties, le gouvernement a accepté aujourd'hui une augmentation de 25%,
applicable à la fin de l’épidémie. Mais, les syndicalistes exigent
mordicus leurs 300% maintenant, ou rien.
Sans
faire l’avocat du Diable, dont la queue est, de toutes les façons,
moins tirées par les 90 mille fonctionnaires que le reste des 11
millions de guinéens, il est légitime de se demander ce que veut
réellement le syndicat, à un moment où les produits agricoles ne
s’exportent plus, les hôtels sont désespérément vides, les grands
projets miniers gelés et leurs sous-traitants aux abois.
Surtout
que les grèves générales illimitées ont historiquement pour
corollaires violences, destructions de biens matériels, voire pertes en
vies humaines.
Personne
ne demande aux syndicalistes de renoncer à leur plate-forme
revendicative, somme toute, légale. Mais, nos chers camarades feront un
bien fou au pays, au début d’une année électorale, à différer leur
mouvement de grève jusqu’à la fin de l’épidémie d’Ebola.

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