dimanche 4 janvier 2015

Le Syndicat veut-il la chute d Alpha Condé ?

Les différentes centrales du pays ont lancé un préavis de grève demandant 300% d’augmentation de salaire, une baisse du prix du carburant à la pompe et posé d’autres  revendications majeures. A défaut, elles entament une grève générale illimitée à partir du lundi 5 janvier jusqu’à la satisfaction totale de leurs revendications…
 
 
Si la grève est un droit constitutionnel consacré,  le timing pour exercer ce droit fondamental peut parfois la rendre illégitime.
 
En effet, est-il raisonnable qu’au moment où la Banque mondiale et le Fonds monétaire international  déclarent que notre pays est en récession économique à  cause des effets pervers d’une épidémie d’Ebola, que nos syndicalistes fassent une requête aussi irréaliste ?
 
Quoi de plus normal que de demander la diminution du prix du carburant à la pompe lorsque le prix du baril du pétrole connait une baise significative sur le marché international ? Mais, de là, à exiger une augmentation de salaire de 300% à une économie sous perfusion n’est pas un simple pas à franchir, mais l’Himalaya à escalader pour le gouvernement guinéen.
 
Selon nos informations, lors des négociations toujours en cours entre les parties, le gouvernement  a accepté aujourd'hui une augmentation de 25%, applicable à la fin de l’épidémie.  Mais, les syndicalistes exigent mordicus leurs 300% maintenant, ou rien.
 
Sans faire l’avocat du Diable, dont la queue est, de toutes les façons, moins tirées par les 90 mille fonctionnaires que le reste des 11 millions de guinéens, il est légitime de se demander ce que veut réellement le syndicat, à un moment où les produits agricoles ne s’exportent plus, les hôtels sont désespérément vides, les grands projets miniers gelés et leurs sous-traitants aux abois.
 
Surtout que les grèves  générales illimitées ont historiquement  pour corollaires violences, destructions de biens matériels, voire pertes en vies humaines.
 
Personne ne demande aux  syndicalistes de renoncer à leur plate-forme revendicative, somme toute, légale.  Mais, nos chers camarades feront un bien fou au pays, au début d’une année électorale, à  différer leur mouvement de grève jusqu’à la fin de l’épidémie d’Ebola.

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