On se rappelle en effet que contrairement à certaines velléités de contestations populaires de ces résultats, ils avaient finalement décidé de la jouer républicaine jusqu’au bout, en portant leurs griefs devant la Cour suprême, quoique n’ayant pas confiance en cette institution. De même, au lendemain du verdict définitif rendu par Mamadou Sylla "Syma", ils n’avaient nullement fait les sorties fracassantes auxquelles certains observateurs s'attendaient.
Au contraire, se rappelant subitement aux règles de fonctionnement démocratique de leurs partis respectifs, ils avaient indiqué qu’il leur faut consulter leurs bases pour savoir sur quel pied danser. Eh bien, pour certains d’entre eux, ce serait le résultat de cette consultation qui justifierait leur décision de siéger. Mais il est bien possible que les véritables mobiles soient ailleurs.
Pour l’UFDG notamment, on a l’impression qu’avec les 37 députés, un boycott serait plus contre-productif d’un point de vue politique. Les responsables de ce parti pourraient estimer que c’est plutôt un atout de s’appuyer sur ce premier acquis dans deux ans. Mais, au-delà des considérations qui sont spécifiques à chaque parti, les députés ayant accepté de rester dans le parlement semblent avoir été également convaincus par les gratifications financières et autres privilèges qui vont avec leur nouveau statut. Par les temps de précarité qui sévissent à Conakry, cette donnée n’est pas des moins déterminantes.
Sauf que l’ancien premier ministre Lansana Kouyaté, l’amertume est telle qu’elle est largement au-dessus de ces perspectives financières. Le PEDN s’abrite, bien entendu, derrière le choix de ses militants; mais en réalité, il n’en est rien ! Le problème c’est que Lansana Kouyaté prenait manifestement trop à cœur les enjeux liés aux élections législatives. Au-delà d’un scrutin ordinaire, lui y voyait l’occasion de s’affirmer comme un leader politique pesant d’un poids certain.
En fait, il espérait que son score contraindrait le RPG-arc-en-ciel à le supplier de revenir dans la grande famille politique qu’il a quittée, au lendemain de l’investiture du président Alpha Condé. Et c’est l’occasion dont il rêvait pour monter les enchères le plus haut possible, histoire de faire regretter au chef de l’Etat de l’avoir « trahi ». Dommage pour lui, en lieu et place, l’ancien premier ministre se retrouve avec un score des plus minables. Un score qui fait de lui un leader plus petit qu’il ne l’était déjà. Et c’est cette situation de déconvenue qu’il ne semble pas en mesure d’accepter.
A l’humiliation de siéger avec seulement sa secrétaire nationale, il a préféré faire le vide. Ceci étant, il n’est pas exclu que certaines de ses récriminations soient fondées. Sauf qu'en politique, les revirements spectaculaires ne sont plus exclus. Le niet d'aujourd'hui pourrait bien être un rejet tactique pour un possible retour un de ces jours.

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